base du management guide

Janel Silva

5 février 2026
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Temps de lecture : 27 minutes
responsable pedagogique Ofap

Écrit avec : Daniel Moudat

Avec une forte expertise en management et dans le digital, il accompagne les apprenants vers leurs objectifs pros.

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  3. Les Fondamentaux du Management : Le Guide Complet pour Nouveaux Managers (2026)

Guide les Fondamentaux du Management 

Comment motiver quelqu’un qui a deux fois ton expérience ? Comment dire non sans passer pour un tyran ? Comment gérer ce collègue qui devient soudainement ton collaborateur ? Comment trancher quand tout le monde a un avis différent ? Comment donner un feedback négatif sans détruire la confiance ?

Si ces questions résonnent en toi, tu es au bon endroit. Parce que manager, ce n’est pas inné. C’est un métier qui s’apprend, avec des méthodes, des outils, et surtout, de la pratique. Dans cet article, nous allons explorer ensemble les 10 fondamentaux du management. Pas de théorie froide, pas de jargon de consultant. Juste ce qui marche vraiment, sur le terrain, au quotidien.

Ces fondamentaux, ce sont ceux que j’ai moi-même appliqués, enseignés, testés auprès de centaines de managers. Ils reposent sur des méthodes éprouvées (SMART, CLASI, feedback HVA) et sur une conviction profonde : un bon manager n’est pas celui qui sait tout, c’est celui qui crée les conditions pour que son équipe réussisse.

Si tu veux aller plus loin et structurer ton apprentissage, l’OFAP propose des formations pour apprendre a manager une équipe pensées pour les managers de terrain, finançables via le CPF, et conçues par des experts qui ont vécu les mêmes défis que toi.

Ce que nous allons explorer ensemble

Voici un aperçu de ce qui t’attend dans ce guide complet. Chaque fondamental est accompagné d’exemples concrets, d’erreurs à éviter, et d’actions immédiates que tu peux mettre en place dès demain.

🚨 Sans les fondamentaux Avec les fondamentaux 🎯 Compétences développées
Équipe démotivée, objectifs flous Équipe engagée avec une vision claire Donner du sens (méthode CLASI)
« Je ne sais pas vraiment ce qu’on attend de moi » Objectifs précis et motivants Fixer des objectifs SMART
Reproches vagues, tensions non dites Feedback constructif et régulier Maîtriser le feedback HVA
Micromanagement ou laxisme Délégation équilibrée Styles de management situationnel
Conflits qui pourrissent Confrontation positive et saine Gérer les désaccords constructifs
Turnover élevé, ambiance froide Cohésion d’équipe solide Créer l’esprit d’équipe
Entretiens annuels expédiés Moments clés de développement Mener des entretiens efficaces
Burn-out managérial Équilibre pro/perso préservé Gérer son stress et son temps
« Je fais tout moi-même, c’est plus rapide » Autonomie et responsabilisation Déléguer intelligemment
Malentendus, frustrations Communication fluide Communiquer avec impact

Qu’est-ce que le management ? Définition et enjeux

Avant de plonger dans les méthodes, posons les bases. Le management, ce n’est pas juste « dire aux gens quoi faire ». C’est l’art de créer les conditions pour qu’une équipe atteigne ses objectifs, tout en préservant le bien-être et le développement de chacun.

Historiquement, le management repose sur quatre processus fondamentaux, résumés par l’acronyme PODC :

  • Planifier : Définir la vision, les objectifs, la stratégie. Où va-t-on ? Comment y arrive-t-on ?
  • Organiser : Structurer les ressources, répartir les rôles et les responsabilités. Qui fait quoi ?
  • Diriger : Mobiliser, motiver, accompagner les équipes au quotidien. Comment les embarquer ?
  • Contrôler : Mesurer les résultats, analyser les écarts, ajuster le tir. Sommes-nous sur la bonne voie ?

Ce modèle, théorisé par Henri Fayol au début du XXe siècle, reste pertinent. Mais le management moderne a évolué. Aujourd’hui, on ne peut plus manager comme on le faisait il y a 30 ans. Les nouvelles générations (Millennials, Gen Z) attendent du sens, de l’autonomie, de la transparence. Le télétravail a bouleversé les codes. Les soft skills sont devenues aussi importantes que les hard skills.

Management moderne : au-delà des processus

Un bon manager en 2026, c’est quelqu’un qui :

  • Écoute plus qu’il ne parle
  • Fait grandir ses collaborateurs plutôt que de les contrôler
  • Adapte son style selon les situations et les personnes
  • Assume ses erreurs et crée un climat de sécurité psychologique
  • Donne du sens à chaque action, chaque projet

Le management, c’est aussi savoir jongler avec des paradoxes : être proche mais garder une distance professionnelle, être ferme mais empathique, déléguer mais rester responsable. C’est ça qui rend le métier passionnant… et parfois épuisant.

Erreur fréquente : Penser que manager, c’est juste appliquer des processus et des méthodes. Non. Manager, c’est d’abord une posture, une présence, une capacité à créer du lien. Les méthodes ne sont que des outils au service de cette posture.

Action immédiate : Pose-toi cette question dès aujourd’hui : « Quel type de manager est-ce que je veux être ? » Écris trois mots qui définissent ta vision du management idéal. Ce sont tes valeurs de référence. Tu y reviendras dans les moments de doute.

🔗 Si tu te demandes quelle est la différence entre manager et leader, je t’invite à lire cet article complet : Manager vs Leader : quelle différence ?

Fondamental n°1 : Donner du sens avec la méthode CLASI

Imagine ce lundi matin. Tu arrives au bureau avec une nouvelle mission à confier à ton équipe. Tu expliques la tâche, tu donnes les délais, tu précises les livrables. Et là, tu vois dans leurs yeux cette question non formulée : « Mais… pourquoi on fait ça ? »

C’est la question la plus importante en management. Et c’est celle qu’on oublie le plus souvent de traiter. On se focalise sur le « quoi » et le « comment », mais on zappe le « pourquoi ». Résultat : des équipes qui exécutent mécaniquement, sans engagement, sans comprendre le sens de leur contribution.

Pourquoi donner du sens est essentiel ?

Les études sont formelles : un collaborateur qui comprend le sens de son travail est 3 fois plus engagé, 2 fois plus performant, et reste 50% plus longtemps dans l’entreprise. Ce n’est pas du folklore RH. C’est une réalité mesurable.

Donner du sens, c’est répondre à ce besoin fondamental qu’on a tous : savoir que ce qu’on fait a de l’importance, qu’on contribue à quelque chose qui nous dépasse. C’est ce qui transforme un « job » en « mission ».

La méthode CLASI expliquée

La méthode CLASI est un cadre simple et puissant pour structurer ta communication managériale. Chaque lettre correspond à une dimension essentielle :

C – Contexte : Situe l’action dans la stratégie globale. Pourquoi maintenant ? Quel est l’enjeu business ? Quelle est la situation du marché, de l’entreprise, du service ?

Exemple : « Notre concurrent vient de lancer une nouvelle offre. On perd des parts de marché depuis 3 mois. C’est dans ce contexte qu’on lance ce projet. »

L – Légitimité : Explique pourquoi c’est cette personne ou cette équipe qui est missionnée. Qu’est-ce qui la rend légitime pour porter ce projet ?

  Exemple : « Je te confie ce projet parce que tu maîtrises parfaitement la relation client et que tu as déjà réussi une refonte similaire l’année dernière. »

A – Actions : Détaille les tâches concrètes, les étapes, les moyens mis à disposition.

  Exemple : « Concrètement, tu vas auditer nos 50 principaux clients, synthétiser leurs retours, et proposer 3 pistes d’amélioration d’ici fin mars. »

S – Succès : Définis les critères de réussite. Comment saura-t-on que c’est réussi ? Quels sont les indicateurs ?

  Exemple : « L’objectif, c’est d’identifier 3 axes d’amélioration validés par au moins 70% des clients interrogés, et d’avoir un plan d’action chiffré. »

I – Impact : Montre les conséquences positives. Quel sera l’impact sur l’équipe, l’entreprise, les clients, la personne elle-même ?

  Exemple : « Si on réussit, on peut reconquérir 5 points de parts de marché, sécuriser ton poste et celui de l’équipe, et toi, tu montres ta capacité à piloter un projet stratégique. »

Concrètement, comment l’appliquer ?

Prenons un exemple réel. Tu dois demander à Julie de reprendre la gestion du compte Dupont, un client difficile qui vient de se plaindre.

Sans CLASI : « Julie, il faut que tu reprennes le compte Dupont. Il est mécontent. Appelle-le cette semaine. »

Avec CLASI :

« Julie, j’ai besoin de te parler du compte Dupont.

[Contexte] C’est notre 3e plus gros client, 200K€ de CA annuel. Il vient de nous envoyer un mail assez sec parce qu’il estime qu’on a pris du retard sur sa dernière commande.

[Légitimité] Je te confie ce dossier parce que tu as l’expérience et la posture pour gérer ce genre de situation tendue. Tu l’as déjà fait avec Mercier l’année dernière.

[Actions] Concrètement, appelle-le avant mercredi, écoute ses reproches, présente nos excuses, et propose-lui une solution concrète avec un geste commercial si nécessaire.

[Succès] L’objectif, c’est qu’il reparte en confiance et qu’on confirme sa prochaine commande.

[Impact] Si on gère bien cette crise, on sécurise 200K€ et tu démontres encore une fois ta capacité à gérer les situations complexes. »

Tu sens la différence ? Julie ne va pas juste « gérer un client mécontent ». Elle va porter une mission stratégique, avec une compréhension claire de son rôle et de son impact.

Erreur fréquente : Appliquer CLASI comme une checklist froide. « Bon, contexte, légitimité, actions… » Non. CLASI doit être fluide, naturel, intégré à ta communication. C’est un cadre mental, pas un script.

Action immédiate : Dès ta prochaine mission à confier, prends 5 minutes pour préparer ta communication avec CLASI. Écris les 5 dimensions. Tu verras que ça structure ta pensée et que ta demande sera 10 fois plus claire et motivante.

Fondamental n°2 : Fixer des objectifs SMART

« Cette année, on veut augmenter les ventes. » Bien. Mais de combien ? Sur quels produits ? En combien de temps ? Avec quels moyens ? Et comment on saura qu’on a réussi ?

Un objectif flou génère de la confusion, de la frustration, et au final, de l’échec. À l’inverse, un objectif bien formulé donne de la clarté, de la motivation, et des résultats mesurables.

Pourquoi structurer les objectifs est vital ?

Les objectifs sont le GPS de ton équipe. Sans eux, chacun avance dans une direction différente. Avec eux, tout le monde sait où on va et comment y arriver ensemble.

Un bon objectif :

  • Aligne l’équipe sur une vision commune
  • Permet de prioriser les actions
  • Donne un sentiment de progression
  • Facilite l’évaluation et le feedback

Mais attention : un mauvais objectif démotive plus qu’il ne motive. Un objectif inatteignable génère du découragement. Un objectif trop facile génère de l’ennui. Un objectif imposé sans discussion génère de la résistance.

La méthode SMART décryptée

SMART, c’est l’acronyme le plus connu en management. Et pour cause : il fonctionne. Voici ce que chaque lettre signifie vraiment.

S – Spécifique : L’objectif doit être clair, précis, sans ambiguïté. Pas de formulation vague du type « améliorer la qualité ». Plutôt : « réduire le taux de retour client de 8% à 5% ».

M – Mesurable : Tu dois pouvoir quantifier l’objectif. Combien ? Quel pourcentage ? Quel chiffre ? Si tu ne peux pas mesurer, tu ne peux pas manager.

A – Acceptable/Atteignable : L’objectif doit être réaliste compte tenu des ressources, du temps, et des compétences disponibles. Un objectif impossible démotive instantanément. Un objectif co-construit avec l’équipe a 3 fois plus de chances d’être accepté.

R – Réaliste/Pertinent : L’objectif doit avoir du sens par rapport à la stratégie globale. Pourquoi cet objectif maintenant ? Est-ce vraiment la priorité ?

T – Temporel : Fixe une échéance claire. « D’ici le 30 juin 2026 » est infiniment plus motivant que « bientôt » ou « quand ce sera possible ».

La méthode SMART en pratique

Prenons deux exemples concrets.

Objectif mal formulé : « Améliorer la satisfaction client cette année. »

Qu’est-ce qui ne va pas ? C’est vague (« améliorer »), non mesurable (de combien ?), sans échéance précise (quand dans l’année ?), et sans indication de comment y arriver.

Objectif SMART : « Augmenter notre score de satisfaction client (NPS) de 45 à 60 d’ici le 31 décembre 2026, en mettant en place un suivi téléphonique systématique dans les 48h après chaque commande et en formant l’équipe service client à la méthode de résolution de conflits. »

Tu vois la différence ? Là, c’est clair. On sait exactement ce qu’on vise, comment on le mesure, comment on va y arriver, et quand on évalue.

Deuxième exemple.

Objectif flou : « Développer tes compétences en management. »

Objectif SMART : « D’ici fin mars 2026, réaliser ta première formation en management (certification reconnue minimum 2 jours), mener 3 entretiens individuels avec tes collaborateurs en appliquant la méthode de feedback HVA, et déléguer au moins 2 tâches opérationnelles pour te libérer 3h/semaine. »

Erreur fréquente : Fixer des objectifs SMART… et les oublier ensuite dans un tiroir. Un objectif, ça se suit, ça s’ajuste, ça se célèbre. Fixe des points d’étape réguliers pour vérifier l’avancement.

Action immédiate : Prends un de tes objectifs actuels (ou celui de ton équipe). Reformule-le au format SMART. Partage-le avec ton équipe et demande leur avis : « Est-ce que c’est clair ? Est-ce que ça vous parle ? Est-ce que c’est réaliste ? »

Fondamental n°3 : Adopter une posture managériale équilibrée

Il y a cette scène que j’ai vécue des dizaines de fois en formation. Je demande : « C’est quoi un bon manager pour vous ? » Les réponses fusent : « À l’écoute », « bienveillant », « disponible ». Puis quelqu’un lève la main : « Mais il faut aussi qu’il sache recadrer, non ? »

Exactement. Et c’est là tout le paradoxe du management : être empathique ET courageux. Les deux. En même temps.

Pourquoi ces 2 qualités sont au cœur des fondamentaux du management ?

L’empathie sans courage, c’est le manager gentil qui laisse filer les comportements toxiques, qui n’ose pas dire les choses, qui veut être aimé plus qu’être respecté. Résultat : perte de crédibilité, équipe qui tire à hue et à dia, collaborateurs performants qui se démotivent.

Le courage sans empathie, c’est le manager autoritaire qui recadre sans nuance, qui tranche sans écouter, qui impose sans expliquer. Résultat : climat de peur, turnover élevé, équipe qui exécute sans s’investir.

Le bon manager, c’est celui qui sait tenir ces deux postures en équilibre. Qui écoute vraiment, qui comprend les difficultés, qui soutient dans les moments durs. Et qui, en même temps, sait dire non, recadrer un comportement inapproprié, trancher quand il le faut, assumer les décisions impopulaires.

C’est inconfortable ? Oui. C’est ce qui fait la difficulté et la noblesse du métier de manager.

Les 4 styles de management situationnel

Selon la théorie de Hersey et Blanchard, il n’existe pas UN bon style de management. Il existe 4 styles, à adapter selon la situation et la maturité du collaborateur.

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  1. Style directif : Tu décides, tu expliques, tu supervises de près. → Quand l’utiliser : Collaborateur débutant, situation de crise, tâche nouvelle et risquée. → Exemple : « Voici exactement comment remplir ce formulaire. Je vérifie avec toi les 3 premiers. »
  2. Style persuasif : Tu décides, mais tu expliques le pourquoi et tu écoutes les réactions. → Quand l’utiliser : Collaborateur en progression, qui a besoin de comprendre pour adhérer. → Exemple : « On va faire comme ça parce que… Qu’est-ce que tu en penses ? Tu vois des difficultés ? »
  3. Style participatif : Tu co-construis, tu impliques dans la décision. → Quand l’utiliser : Collaborateur expérimenté, qui a l’expertise mais manque peut-être de confiance. → Exemple : « Comment tu verrais les choses ? Qu’est-ce que tu proposes ? OK, on valide ensemble cette approche. »
  4. Style délégatif : Tu confies en totale autonomie, tu ne contrôles que le résultat final. → Quand l’utiliser : Collaborateur expert, autonome, qui n’a besoin que de ressources et de liberté. → Exemple : « Je te fais confiance sur ce sujet. Tu me tiens au courant si tu as besoin de quelque chose. On fait un point final la semaine prochaine. »

 

Comment développer ces qualités au quotidien ?

Pour développer ton empathie :

  • Pose plus de questions ouvertes : « Comment tu vis cette situation ? » au lieu de « Ça va ? »
  • Écoute sans préparer ta réponse pendant que l’autre parle
  • Reformule pour vérifier que tu as bien compris : « Si je comprends bien, tu es frustré parce que… »

Pour développer ton courage :

  • Arrête de reporter les conversations difficiles. Plus tu attends, plus c’est dur.
  • Prépare tes recadrages par écrit. Ça clarifie ta pensée et ça réduit ton stress.
  • Rappelle-toi : ne pas dire, c’est manquer de respect. Dire, c’est aider l’autre à progresser.

  Erreur fréquente : Penser qu’on est « plutôt empathique » ou « plutôt courageux » par nature, et que c’est comme ça. Non. Ces compétences se travaillent, se musclent, comme n’importe quelle compétence.

Action immédiate : Identifie une situation où tu as manqué de courage (un recadrage que tu as évité, une décision que tu as reportée). Prends 10 minutes pour préparer comment tu vas aborder le sujet cette semaine. Puis fais-le.

Si tu te reconnais dans ces schémas et que tu veux éviter les pièges du management toxique, cet article te donnera des clés concrètes.

Fondamental n°4 : Faire progresser son équipe avec des feedbacks constructifs

Thomas finit sa présentation client. Tout le monde sent que ce n’était pas terrible : il a bafouillé, perdu le fil, oublié la moitié des arguments. Il revient dans ton bureau, tendu. « Alors ? »

Ce moment-là, c’est un moment de vérité managériale. Tu as trois options :

  1. Le faux positif : « C’était bien ! » (Il sait que c’est faux, tu perds sa confiance.)
  2. Le jugement brutal : « Franchement, c’était pas terrible. » (Il se sent nul, se referme.)
  3. Le feedback constructif : Tu lui donnes les clés pour progresser. (Il repart armé pour s’améliorer.)

Pourquoi le feedback est un levier de progression

Un collaborateur qui ne reçoit jamais de feedback positif finit par penser que son travail n’a aucune valeur. Un collaborateur qui ne reçoit jamais de feedback correctif finit par stagner, voire développer de mauvaises habitudes.

Le feedback, ce n’est pas un luxe de manager bienveillant. C’est un outil de performance. Les études le montrent : les équipes qui reçoivent du feedback régulier sont 30% plus performantes que les autres.

Mais attention : feedback ≠ critique. Le feedback, c’est une information factuelle, orientée vers l’action, donnée dans un climat de confiance.

La méthode HVA (Hurts, Values, Ambitions)

Cette méthode, popularisée par les coachs en communication managériale, structure le feedback en 3 temps.

H – Ce qui Hurts (blesse, pose problème) : Tu pointes le comportement problématique, de manière factuelle, sans jugement. → « Pendant ta présentation, tu as oublié de présenter les 3 bénéfices clés du produit. »

V – Ce qui est Valued (valorisé, important) : Tu rappelles les valeurs de l’entreprise, les attentes du poste, ou la qualité qu’on cherche à développer. → « Or, chez nous, une présentation client, c’est avant tout une démonstration de valeur claire. C’est ce qui fait la différence avec nos concurrents. »

A – Les Ambitions (projection vers l’avenir) : Tu projettes sur ce qu’on veut construire ensemble, sur le potentiel de progression. → « Je sais que tu es capable de faire des présentations percutantes. Tu l’as déjà fait sur le projet Mercier. Pour la prochaine fois, on va travailler ensemble ton pitch d’intro et ta structure. Je te fais confiance pour rebondir. »

Exemple de feedback HVA avec Maud Leroux

Voici un exemple concret tiré d’une formation OFAP, avec Maud Leroux, formatrice en management.

Situation : Un collaborateur arrive systématiquement en retard aux réunions d’équipe.

Sans HVA : « Écoute, tu arrives tout le temps en retard, c’est pas possible. Fais un effort. »

Avec HVA : « Maud, j’ai besoin de te parler de quelque chose. [H] Depuis 3 semaines, tu arrives avec 10-15 minutes de retard à nos réunions d’équipe du lundi matin. [V] Pour moi, ces réunions sont essentielles parce qu’on y aligne nos priorités de la semaine. Quand quelqu’un manque le début, ça crée de la confusion et ça ralentit tout le monde. [A] Je sais que tu as une charge de travail importante en ce moment. Est-ce qu’il y a quelque chose qui t’empêche d’être à l’heure ? Comment on peut s’organiser pour que tu sois présente dès le début la semaine prochaine ? »

Tu vois la différence ? C’est ferme, mais respectueux. C’est factuel, mais humain. Et surtout, c’est orienté solution.

Les 3 règles d’or du feedback

🕒 Règle n°1 : Le timing Donne ton feedback le plus proche possible de la situation. Pas 3 semaines après. Idéalement dans les 24-48h. Sinon, tu perds en impact et en précision.

👁️ Règle n°2 : Les faits observables Parle de comportements concrets, pas de jugements. « Tu as interrompu Julie 3 fois pendant la réunion » au lieu de « Tu es trop agressif ».

🎯 Règle n°3 : L’orientation solution Termine toujours sur l’action. « La prochaine fois, je te propose de… » ou « Comment tu comptes t’y prendre ? »

Erreur fréquente : Utiliser la technique du « sandwich » (un positif, un négatif, un positif) de manière mécanique. Les gens voient venir le « mais » à des kilomètres. Résultat : ils n’entendent que le négatif. Sois direct, mais humain.

Action immédiate : Cette semaine, donne au moins un feedback positif précis à un membre de ton équipe. Pas un « bon travail » générique. Un vrai feedback : « Sur le rapport de vendredi, j’ai particulièrement apprécié la synthèse visuelle en page 2. C’était clair, direct, ça m’a fait gagner un temps fou. »

Si tu veux approfondir comment gérer un conflit en management sans t’épuiser, cet article complémentaire te sera utile.

Fondamental n°5 : Mener des entretiens efficaces

Les entretiens, c’est le moment où tu crées du lien, où tu détectes les signaux faibles, où tu ajustes le tir avant qu’il ne soit trop tard. Et pourtant, combien de managers les expédient en 15 minutes, une fois par an, juste pour cocher la case RH ?

Les types d’entretiens managériaux

Un manager ne fait pas qu’un seul type d’entretien. Il y en a au moins 5, chacun avec un objectif différent :

  1. L’entretien individuel (one-on-one) : Idéalement hebdomadaire ou bi-mensuel. C’est le moment privilégié pour écouter, détecter les blocages, ajuster les priorités.
  2. L’entretien annuel d’évaluation : Bilan de l’année écoulée, définition des objectifs de l’année à venir. Souvent obligatoire, souvent mal préparé.
  3. L’entretien de recadrage : Quand un comportement ou une performance pose problème. Il faut recadrer vite et clairement.
  4. L’entretien de recrutement : Tu cherches à évaluer les compétences, mais aussi la compatibilité culturelle et la motivation.
  5. L’entretien d’intégration (onboarding) : Les 90 premiers jours sont décisifs. Cet entretien permet de vérifier que tout se passe bien.

L’impact des entretiens sur la performance

Une étude de Gallup montre que les équipes qui ont des one-on-one réguliers (au moins une fois par mois) ont un taux d’engagement supérieur de 30% et un turnover inférieur de 25%.

Pourquoi ? Parce qu’un entretien bien mené, c’est :

  • Un espace de parole sécurisé
  • Une occasion de détecter les problèmes avant qu’ils n’explosent
  • Un moment de reconnaissance et de clarification
  • Une opportunité de co-construire les solutions

Checklist : Réussir son entretien annuel

L’entretien annuel est souvent vécu comme une corvée. Voici comment le transformer en moment utile.

Avant l’entretien :

  • Préviens ton collaborateur au moins 2 semaines à l’avance
  • Envoie-lui une trame de préparation (auto-évaluation, réussites, difficultés, attentes)
  • Relis tes notes de l’année (feedbacks donnés, projets menés, incidents)
  • Prépare 3-4 points clés à aborder

Pendant l’entretien :

  • Commence par laisser parler le collaborateur en premier : « Comment tu vois ton année ? »
  • Écoute plus que tu ne parles (70% écoute, 30% parole)
  • Adopte la méthode « sandwich revisitée » : commence par les réussites, aborde les axes d’amélioration, termine sur la projection future
  • Co-construis les objectifs de l’année à venir (pas d’imposition unilatérale)
  • Termine toujours sur : « Qu’est-ce dont tu as besoin de ma part pour réussir ? »

Après l’entretien :

  • Rédige un compte-rendu écrit dans les 48h
  • Partage-le avec le collaborateur pour validation
  • Archive dans le dossier RH
  • Fixe un point de suivi dans 3 mois

  Erreur fréquente : Parler à 80% du temps et laisser le collaborateur acquiescer passivement. Un entretien, c’est un dialogue, pas un monologue.

Action immédiate : Si tu n’as pas de trame d’entretien annuel, crée-en une cette semaine. 5-6 questions ouvertes suffisent. Exemple : « Quelle a été ta plus grande réussite cette année ? », « Quel a été ton plus gros défi ? », « Qu’est-ce que tu veux développer l’année prochaine ? », « Comment je peux mieux te soutenir ? »

Fondamental n°6 : Créer et maintenir l’esprit d’équipe

Une équipe soudée n’est pas une bande de copains. C’est un groupe de personnes différentes, parfois avec des personnalités opposées, qui arrivent à travailler ensemble vers un objectif commun, dans un climat de confiance.

Pourquoi la cohésion d’équipe est cruciale ?

L’équation est simple : 1 + 1 = 3 quand l’équipe fonctionne bien. 1 + 1 = 0,5 quand l’équipe est divisée.

Une équipe cohésive, c’est :

  • Une communication fluide (on se dit les choses)
  • Une solidarité dans les moments durs
  • Une capacité à se challenger mutuellement sans toxicité
  • Un sentiment d’appartenance qui réduit le turnover

À l’inverse, une équipe fragmentée, c’est : des non-dits, des clans, des jeux politiques, du temps perdu en conflits, des talents qui partent.

Le rôle du manager, c’est d’être le gardien de cette cohésion. Tu n’es pas là pour être le copain de tout le monde. Tu es là pour créer les conditions du collectif.

Les 5 actions concrètes pour fédérer

  1. Instaure des rituels d’équipe

Un rituel, c’est un moment récurrent qui crée du lien. Exemples :

  • Réunion d’équipe hebdomadaire de 30 minutes (météo de la semaine, victoires, blocages)
  • Déjeuner d’équipe mensuel
  • Célébration des réussites (un projet qui se termine, un objectif atteint)

Le rituel doit être simple, régulier, et respecté. Pas d’annulation de dernière minute. C’est un rendez-vous sacré.

  1. Organise des activités de team-building (mais pas n’importe comment)

Le team-building, ce n’est pas juste aller faire de l’accrobranche un vendredi après-midi. C’est créer des moments où les gens se découvrent autrement, apprennent à se faire confiance, collaborent différemment.

Exemples efficaces :

  • Atelier créatif (cuisine, improvisation théâtrale)
  • Projet associatif commun (journée de bénévolat)
  • Escape game (travail d’équipe sous pression)

Ce qui compte : que ce soit inclusif (pas d’activité physique excluante), volontaire, et avec un débrief après (« Qu’est-ce qu’on retient de cette expérience ? »).

  1. Définis et incarne des valeurs communes

Qu’est-ce qui est important pour nous en tant qu’équipe ? L’honnêteté ? L’entraide ? L’exigence ? La créativité ?

Ces valeurs, il faut les nommer, les clarifier, et surtout les incarner. Toi le premier. Si tu prônes la transparence mais que tu caches des informations, tu perds toute crédibilité.

  1. Pratique la transparence informationnelle

Partage l’information. Les décisions prises en comité de direction, les résultats du trimestre, les difficultés du marché. Bien sûr, il y a des sujets confidentiels. Mais trop souvent, on cache par réflexe, pas par nécessité.

Une équipe informée est une équipe responsabilisée. Une équipe dans le flou est une équipe anxieuse.

  1. Valorise les réussites collectives

Quand un projet réussit, c’est rarement grâce à une seule personne. Souligne la contribution de chacun. Évite les « stars » qui écrasent les autres. Célèbre le « nous ».

Cas pratique : Comment j’ai transformé une équipe divisée

J’ai accompagné une équipe commerciale de 8 personnes, complètement fragmentée. Deux clans, des tensions, des non-dits. Le manager avait essayé le team-building classique. Sans succès.

On a fait autrement. On a organisé un atelier de 3h avec un principe simple : chacun devait dire une chose qu’il appréciait chez chaque collègue, et une chose qu’il aurait aimé voir différemment. Pas de jugement. Juste des faits et des ressentis.

Au début, c’était tendu. Puis, progressivement, la parole s’est libérée. Les gens ont compris qu’ils avaient plus en commun qu’ils ne pensaient. Que leurs tensions venaient souvent de malentendus, pas de malveillance.

Trois mois après, l’ambiance avait changé. Pas miraculeusement. Mais suffisamment pour que l’équipe redevienne performante.

Erreur fréquente : Penser que l’esprit d’équipe se crée tout seul, avec de la bonne volonté. Non. Ça se construit, activement, avec intention.

Action immédiate : Organise cette semaine un moment informel avec ton équipe. Ça peut être un café le matin, un déjeuner, un apéro (si c’est la culture de ta boîte). Pas d’ordre du jour. Juste : « Comment ça va vraiment ? » et écoute.

Pour structurer encore mieux ton rôle de manager d’équipe, je te recommande cet article complet sur les méthodes et postures essentielles.

Fondamental n°7 : Oser la confrontation positive

Voilà une idée qui dérange : une bonne équipe, ce n’est pas une équipe où tout le monde est d’accord. C’est une équipe où on peut être en désaccord sans que ça dégénère.

Équipe soudée = équipe qui débat

Patrick Lencioni, dans son livre « Les 5 dysfonctionnements d’une équipe », explique que le premier dysfonctionnement, c’est l’absence de confiance. Et le deuxième, c’est la peur du conflit.

Une équipe qui ne se confronte jamais n’est pas une équipe harmonieuse. C’est une équipe polie, superficielle, où les vrais problèmes restent sous le tapis. Résultat : décisions médiocres, frustrations cachées, et un jour, explosion.

La confrontation positive, ce n’est pas le conflit toxique où on s’attaque personnellement. C’est le débat d’idées, franc, direct, mais respectueux, où on cherche la meilleure solution, pas à avoir raison.

Créer un environnement de sécurité psychologique

Le concept de sécurité psychologique a été popularisé par Google après leur étude « Project Aristotle ». Ils ont analysé des centaines d’équipes pour comprendre ce qui faisait la différence entre une équipe moyenne et une équipe exceptionnelle.

Leur conclusion : la compétence individuelle compte moins que la dynamique d’équipe. Et au cœur de cette dynamique, il y a la sécurité psychologique.

Concrètement, ça veut dire quoi ?

  • Pouvoir poser une question « bête » sans être jugé
  • Pouvoir dire « je ne sais pas » sans perdre sa crédibilité
  • Pouvoir proposer une idée folle sans être ridiculisé
  • Pouvoir exprimer un désaccord sans craindre de représailles

Comment créer cette sécurité ?

  1. Montre l’exemple : Dis « Je ne sais pas » quand tu ne sais pas. Admets tes erreurs. Demande de l’aide.
  2. Encourage les questions : « C’est une excellente question » au lieu de « Tu devrais savoir ça ».
  3. Sanctuarie le droit au désaccord : « Je veux qu’on débatte de cette décision. Je veux entendre les pour et les contre. On ne sortira pas d’ici tant qu’on n’a pas exploré toutes les options. »
  4. Sépare l’idée de la personne : « Je ne suis pas d’accord avec cette proposition » ≠ « Tu as tort ».

De la confrontation à l’innovation

Les meilleures innovations naissent du débat. Chez Pixar, ils ont mis en place les « Braintrust » : des réunions où l’équipe créative démolit littéralement le film en cours. Mais dans un cadre bienveillant. Le réalisateur sait que le but n’est pas de le descendre, c’est de rendre le film meilleur. 

Chez Amazon, Jeff Bezos a instauré le principe du « Disagree and Commit » (désaccord et engagement). Tu peux être en désaccord jusqu’au bout. Mais une fois la décision prise, tout le monde s’engage à 100%, même ceux qui étaient contre.

C’est ça, la confrontation positive. On débat fort, on argumente, on se challenge. Puis on tranche. Et on avance ensemble.

Erreur fréquente : Confondre confrontation et agressivité. La confrontation positive, ce n’est jamais personnel. C’est toujours sur les idées, les stratégies, les options. Jamais sur la personne.

Action immédiate : Lors de ta prochaine réunion d’équipe, pose cette question : « Qui n’est pas d’accord avec cette décision ? » et VALORISE le premier qui lève la main. « Merci d’oser dire ça. Explique-nous pourquoi. » Tu envoies un signal fort : ici, on peut débattre.

Pour éviter que les désaccords ne dégénèrent, découvre les pires erreurs de management à éviter absolument.

Fondamental n°8 : Déléguer et responsabiliser

« Si je veux que ce soit bien fait, je le fais moi-même. » Combien de fois tu t’es dit ça cette semaine ? Et combien d’heures tu as passées à faire des tâches que ton équipe aurait pu gérer ?

Déléguer, ce n’est pas un luxe. C’est une nécessité managériale. Si tu ne délègues pas, tu restes un exécutant, pas un manager.

Pourquoi les managers ont du mal à déléguer

Il y a plusieurs blocages psychologiques :

  • Le syndrome du « je vais plus vite moi-même » : Vrai sur le coup. Faux sur la durée. Former quelqu’un prend 2h aujourd’hui, mais te fait gagner 10h par semaine après.
  • La peur de perdre le contrôle : « Et s’il rate ? » Oui, il peut rater. C’est comme ça qu’on apprend. Ton rôle, c’est de sécuriser les risques, pas d’empêcher l’action.
  • La croyance qu’on est indispensable : Flatteur pour l’ego. Dangereux pour l’organisation. Si tu es irremplaçable, tu n’es pas promouvable.

Les 5 niveaux de délégation

Déléguer, ce n’est pas binaire (tout ou rien). Il y a plusieurs degrés, à adapter selon la maturité du collaborateur.

Niveau 1 – Exécution sur instruction : « Fais exactement ceci, de cette manière, je vérifie chaque étape. » → Pour les débutants ou les tâches à risque élevé.

Niveau 2 – Proposer puis exécuter : « Fais-moi une proposition, on en discute, puis tu exécutes. » → Pour développer l’autonomie progressivement.

Niveau 3 – Agir puis informer : « Fais ce que tu penses être le mieux, puis informe-moi de ta décision. » → Pour les collaborateurs expérimentés sur des sujets maîtrisés.

Niveau 4 – Agir en autonomie : « Tu gères, tu me tiens au courant uniquement s’il y a un problème. » → Pour les experts sur leur domaine.

Niveau 5 – Délégation totale : « C’est ton sujet, tu décides de tout, tu assumes. » → Pour les collaborateurs seniors, sur des projets qu’ils maîtrisent mieux que toi.

niveaux de delegation

Checklist pour bien déléguer

Clarifie le résultat attendu (pas le « comment »)

Ne dis pas : « Appelle les 5 clients, envoie-leur ce mail type, puis… » Dis plutôt : « L’objectif, c’est d’obtenir un retour de nos 5 clients sur le nouveau produit d’ici vendredi. Comment tu comptes t’y prendre ? »

Donne les ressources nécessaires

Temps, budget, accès aux informations, soutien d’autres services. Si tu délègues sans donner les moyens, tu prépares l’échec.

Définis les points d’étape

« On fait un point mercredi pour voir où tu en es. » Ça rassure le collaborateur et ça te permet de corriger le tir si besoin.

Accepte que ce ne soit pas fait « comme toi »

Il y a 10 façons de faire une même tâche. Si le résultat est bon, peu importe que ce ne soit pas TA méthode.

Valorise les réussites, débriefe les échecs

Quand ça marche : « Bravo, comment tu as fait ? » Quand ça rate : « Qu’est-ce qu’on retient pour la prochaine fois ? » Pas de blâme. Juste de l’apprentissage.

Erreur fréquente : Déléguer les tâches pénibles et garder les tâches nobles. Résultat : ton équipe se sent exploitée. Délègue aussi les projets intéressants, visibles, valorisants.

Action immédiate : Liste 5 tâches que tu fais régulièrement. Pour chacune, demande-toi : « Est-ce que quelqu’un de mon équipe pourrait le faire ? » Si oui, identifie qui et planifie le transfert de compétence cette semaine.

Fondamental n°9 : Communiquer efficacement

Un manager passe 70% de son temps à communiquer. Réunions, mails, appels, entretiens, présentations. Et pourtant, la majorité des problèmes en entreprise viennent de… malentendus de communication.

« Je pensais que tu avais compris. » « Mais tu ne m’avais pas dit ça. » « Je croyais que c’était pour la semaine prochaine. » Ça te parle ?

Les 3 piliers de la communication managériale

  1. Clarté

Un message clair, c’est un message simple, sans jargon, avec une structure évidente. Avant de parler, pose-toi ces 3 questions :

  • Quel est mon message principal ?
  • Qu’est-ce que je veux que l’autre retienne ?
  • Quelle action j’attends de lui ?

Si tu ne sais pas répondre, ton interlocuteur ne saura pas non plus.

  1. Cohérence

Tes mots doivent être alignés avec ton langage corporel et ton ton. Si tu dis « Je suis content de ce projet » avec une voix monocorde et les bras croisés, personne ne te croira.

La cohérence, c’est aussi entre ce que tu dis et ce que tu fais. Si tu prônes l’équilibre vie pro/perso mais que tu envoies des mails à 23h, ton équipe fera comme toi, pas comme tu dis.

  1. Contexte

Adapte ton message à ton interlocuteur. Tu ne parles pas de la même façon à un junior anxieux et à un senior blasé. Tu ne donnes pas un feedback sensible par mail. Tu n’annonces pas une mauvaise nouvelle en réunion d’équipe sans prévenir.

La Communication Non Violente (CNV) en pratique

La CNV, développée par Marshall Rosenberg, est un outil puissant pour gérer les situations tendues. Elle repose sur 4 étapes :

  1. Observer sans juger

❌ « Tu es toujours en retard. » (jugement) ✅ « Tu es arrivé en retard aux 3 dernières réunions. » (observation factuelle)

  1. Exprimer ses sentiments

❌ « C’est inadmissible. » (jugement) ✅ « Je suis frustré. » (émotion)

  1. Formuler ses besoins

❌ « Tu devrais être plus pro. » (reproche) ✅ « J’ai besoin que les réunions commencent à l’heure pour qu’on puisse avancer efficacement. » (besoin)

  1. Faire une demande claire

❌ « Fais un effort. » (vague) ✅ « Peux-tu arriver 5 minutes avant la prochaine réunion ? » (demande concrète)

Gérer les situations difficiles

Annoncer une mauvaise nouvelle

  • Choisis le bon moment et le bon lieu (pas en fin de journée un vendredi)
  • Sois direct : pas de détours, pas de « sandwich »
  • Explique le contexte et les raisons
  • Laisse du temps pour digérer
  • Propose un suivi : « On en reparle demain quand tu auras eu le temps d’y réfléchir. »

Dire non sans démotiver

  • Explique le pourquoi : « Je dis non parce que… »
  • Propose une alternative : « En revanche, je peux… »
  • Valorise la demande : « J’apprécie que tu aies pris cette initiative. »

Gérer un collaborateur en colère

  • Laisse-le s’exprimer sans l’interrompre
  • Reformule pour montrer que tu as compris : « Si je comprends bien, tu es en colère parce que… »
  • Reconnais l’émotion : « Je comprends que cette situation te mette en colère. »
  • Puis, oriente vers la solution : « Qu’est-ce qu’on peut faire maintenant ? »

Erreur fréquente : Croire qu’un bon communicant, c’est quelqu’un qui parle bien. Faux. Un bon communicant, c’est surtout quelqu’un qui écoute bien.

Action immédiate : Cette semaine, entraîne-toi à l’écoute active. Lors d’une conversation, concentre-toi à 100% sur ce que l’autre dit. Ne prépare pas ta réponse pendant qu’il parle. Reformule à la fin : « Si je comprends bien, tu dis que… » Tu verras la différence.

Fondamental n°10 : Gérer son temps et son stress

Tu arrives le matin avec ta to-do list de 15 tâches. À 18h, tu en as fait 3. Les 12 autres ont été remplacées par 20 nouvelles urgences. Tu rentres chez toi épuisé, avec la sensation d’avoir couru toute la journée sans avancer.

Bienvenue dans le quotidien du manager.

Pourquoi prendre soin de soi est un fondamental

Il y a cette idée toxique que le bon manager, c’est celui qui se sacrifie, qui est disponible 24/7, qui met son équipe avant tout, y compris sa santé.

Non.

Un manager épuisé est un mauvais manager. Tu prends de mauvaises décisions. Tu es irritable. Tu n’écoutes plus. Tu deviens ce que tu détestes.

Prendre soin de toi, ce n’est pas de l’égoïsme. C’est de la responsabilité professionnelle. Tu dois être dans un état physique et mental qui te permet d’être présent, clair, disponible pour ton équipe.

Techniques de gestion du stress

La matrice Eisenhower (urgent/important)

Trie tes tâches selon ces 4 catégories :

  1. Urgent ET important : Tu traites immédiatement (crise client, deadline critique)
  2. Important mais pas urgent : Tu planifies (formation, stratégie, prévention)
  3. Urgent mais pas important : Tu délègues (réunion où tu n’es pas décisionnaire)
  4. Ni urgent ni important : Tu supprimes (mail de newsletter, tâche inutile)

Le piège : passer 80% de ton temps dans les cases 1 et 3, et négliger la case 2. Or, c’est la case 2 qui fait la différence sur le long terme.

matrice urgent important

La technique Pomodoro

Tu travailles par blocs de 25 minutes, concentration totale, sans interruption. Puis 5 minutes de pause. Après 4 blocs, une pause de 15-20 minutes.

Pourquoi ça marche ? Parce que notre cerveau n’est pas fait pour la concentration continue pendant 4h. Il a besoin de respirer.

Méditation et micro-pauses

5 minutes de respiration consciente par jour réduisent le stress de 30%. Pas besoin de devenir moine tibétain. Juste : respire, observe ta respiration, reviens au calme.

Des micro-pauses de 2 minutes toutes les heures (marcher, s’étirer, regarder par la fenêtre) augmentent ta productivité de 15%.

Savoir dire stop et demander de l’aide

Le burn-out ne tombe pas du ciel. Il y a des signaux d’alarme :

  • Tu dors mal, tu te réveilles avec l’angoisse du travail
  • Tu es irritable avec ton équipe, ta famille
  • Tu as perdu le plaisir dans ton job
  • Tu te sens débordé en permanence
  • Tu as l’impression que rien de ce que tu fais n’a de valeur

Si tu coches 3 de ces cases, c’est rouge. Parle-en. À ton manager, à un coach, à un médecin. Le burn-out n’est pas une faiblesse. C’est un signal que quelque chose ne va pas dans l’organisation du travail.

S’entourer, c’est essentiel. Un mentor qui a vécu les mêmes galères que toi. Un coach qui t’aide à prendre du recul. Une communauté de managers avec qui échanger.

Erreur fréquente : Attendre d’être au bout du rouleau pour réagir. La prévention, ça se fait avant, pas après.

Action immédiate : Bloque dès maintenant dans ton agenda 2h par semaine de « temps stratégique » (case 2 d’Eisenhower). C’est non négociable. Tu travailles sur ce qui est important mais pas urgent : formation, réflexion, amélioration de processus.

Les outils indispensables du manager

Les fondamentaux, c’est bien. Mais concrètement, quels outils tu utilises au quotidien ? En voici quelques-uns, testés et approuvés.

Outils de pilotage

Le tableau de bord (KPI)

Tu ne peux pas manager sans mesurer. Identifie 3 à 5 indicateurs clés pour ton équipe :

  • Chiffre d’affaires, taux de conversion (pour une équipe commerciale)
  • Taux de satisfaction client, temps de réponse (pour une équipe support)
  • Respect des délais, qualité livrée (pour une équipe projet)

Suis-les chaque semaine. Pas besoin de 50 indicateurs. Juste ceux qui comptent vraiment.

Le rétroplanning

Pour chaque projet, pose les jalons en partant de la fin :

  • Date de livraison finale : 30 juin
  • Validation client : 23 juin
  • Tests internes : 15 juin
  • Développement : du 1er mai au 10 juin
  • Cahier des charges : 25 avril

Ça paraît basique, mais combien de projets ratent leurs délais parce que personne n’a posé ce cadre ?

La matrice RACI (Qui fait quoi)

Pour chaque tâche d’un projet, identifie :

  • Responsable : Qui exécute ?
  • Accountable : Qui décide et valide ?
  • Consulted : Qui doit donner son avis ?
  • Informed : Qui doit être tenu au courant ?

Ça évite les « Je pensais que c’était toi » et les doublons.

Outils de communication

Les one-on-one structurés

Utilise une trame simple pour tes entretiens individuels :

  1. Comment tu vas ? (vraiment)
  2. Qu’est-ce qui a bien marché cette semaine ?
  3. Qu’est-ce qui t’a bloqué ?
  4. De quoi tu as besoin de ma part ?
  5. On fait un point sur tes objectifs : où tu en es ?

Les canaux de communication adaptés

  • Mail : Pour les informations traçables, non urgentes
  • Messagerie instantanée (Slack, Teams) : Pour les questions rapides
  • Téléphone/visio : Pour les sujets complexes ou sensibles
  • Face-à-face : Pour les feedbacks délicats, les recadrages, les décisions importantes

Ne donne jamais un feedback négatif par mail. Jamais.

Outils de feedback et évaluation

Le 360° feedback

Le collaborateur s’auto-évalue, son manager l’évalue, ses pairs l’évaluent, ses clients internes l’évaluent. Ça donne une vision à 360° de ses forces et axes de progrès.

Les OKR (Objectives and Key Results)

Popularisés par Google, les OKR sont une alternative aux objectifs SMART, plus agiles.

  • Objective : Où on veut aller (qualitatif, inspirant)
  • Key Results : Comment on mesure qu’on y est (quantitatif, précis)

Exemple :

  • Objective : Devenir la référence sur notre marché
  • Key Results : Atteindre 10 000 clients, obtenir un NPS de 70, être cité dans 5 médias nationaux

Erreur fréquente : Collectionner les outils sans les utiliser vraiment. Mieux vaut 3 outils bien maîtrisés que 15 outils abandonnés après 2 semaines.

Action immédiate : Identifie l’outil qui te manque le plus aujourd’hui. Besoin d’un tableau de bord ? D’une trame d’entretien ? D’une matrice RACI ? Crée-le cette semaine. Simple. Une page suffit.

Se former aux fondamentaux du management

Maintenant que tu as exploré ces 10 fondamentaux, tu te dis peut-être : « OK, je vois les concepts. Mais comment je passe à la pratique ? »

Pourquoi se former est essentiel

On dit souvent que 70% du management s’apprend sur le terrain. C’est vrai. Mais ça veut aussi dire que 30% nécessitent un cadre, une méthode, un accompagnement.

Former, c’est :

  • Réduire les erreurs coûteuses (un mauvais recrutement, c’est 6 mois de salaire perdu)
  • Gagner du temps (ne pas réinventer la roue)
  • Prendre du recul (sortir du nez dans le guidon)
  • Échanger avec des pairs (tu n’es pas seul)

Le ROI d’une formation en management, c’est mesurable : équipe plus performante, turnover réduit, climat de travail amélioré, et toi, plus serein dans ton rôle.

Parlons de la formation OFAP en management d’équipe

L’OFAP propose des formations pensées pour les managers de terrain, pas pour les théoriciens. Voici ce qui les différencie :


Format flexible : 100% à distance, avec des modules courts que tu peux suivre à ton rythme. Pas besoin de bloquer 5 jours complets. Tu apprends le soir, le week-end, quand ça t’arrange.

Approche pratique : Pas de PowerPoint ennuyeux. Des cas concrets, des mises en situation, des outils téléchargeables que tu peux appliquer dès le lendemain.

Accompagnement personnalisé : Tu ne regardes pas des vidéos tout seul dans ton coin. Tu as accès à des formateurs experts, des forums d’échange, des sessions de questions-réponses en live.

Financement facilité : Les formations OFAP sont éligibles au CPF (Compte Personnel de Formation) et peuvent être prises en charge par ton OPCO. Tu ne paies rien de ta poche.

Certification reconnue : Les formations sont certifiées Qualiopi et RNCP, gage de qualité et de reconnaissance professionnelle.

Les modules clés :

  • Fondamentaux du management d’équipe
  • Communication managériale et feedback
  • Gestion des conflits et situations difficiles
  • Délégation et responsabilisation
  • Management à distance

Les certifications reconnues

Au-delà de l’OFAP, il existe des certifications reconnues dans le monde du management :

  • Certification RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles) : Reconnue par l’État
  • Certification Qualiopi : Gage de qualité des organismes de formation
  • Certification PMI (Project Management Institute) : Pour le management de projet
  • Certification Scrum Master : Pour les environnements agiles

L’important, ce n’est pas d’accumuler les certifications. C’est de choisir celle qui correspond à tes besoins, ton secteur, tes ambitions.

Action immédiate : Consulte ton solde CPF sur moncompteformation.gouv.fr. Tu seras peut-être surpris du montant disponible. Puis explore les formations OFAP en management sur https://ofap.fr/formation-management-d-equipe/

 

Janel Silva

Je fusionne créativité et expertise digitale pour donner vie à des projets web. Plus de 10 ans d'expérience en marketing, j'ai développé une expertise en référencement naturel (SEO), en création de sites WordPress et en stratégies de contenu performantes. Lorsque je rédige pour l'Ofap, je m'immerge dans des podcasts qui nourrissent ma créativité et ma réflexion

Rédigé par Janel Silva

Je fusionne créativité et expertise digitale pour donner vie à des projets web. Plus de 10 ans d'expérience en marketing, j'ai développé une expertise en référencement naturel (SEO), en création de sites WordPress et en stratégies de contenu performantes. Lorsque je rédige pour l'Ofap, je m'immerge dans des podcasts qui nourrissent ma créativité et ma réflexion

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